jeudi 14 avril 2016

J'aurais voulu te dire...

Si j'avais su ce jour là que je te voyais pour la dernière fois. Si j'avais su que tu ne reviendrais jamais de cette journée de travail...Je t'aurais dit que je t'aimais, que je t'adorais, que je te vénérais tout simplement parce que tu es mon Papa. Tu seras toujours un héros pour moi.

Cette fierté qui brillait dans tes yeux dès que tu parlais de mes études me donnait la force de me lever tous les matins. Tu nous a quitté en pensant que ta petite fille serait un jour avocate, c'était un rêve parmi d'autres. J'ai longtemps cherché ce que je voulais faire de ma vie, je ne pouvais pas te décevoir alors j'ai continué les études que j'avais commencé même si ça ne me plaisait plus. J'aurais aimé t'en parler, avoir ton avis et surtout ton accord pour repartir sur la bonne voie, mais tu n'étais plus là. Aujourd'hui, dix ans plus tard, je ne suis pas avocate, j'ai arrêté ces études de droit qui ne me correspondaient plus. Quand on me demande, lors de ces éternels entretiens d'embauche, pourquoi j'ai fait 3 ans de droit pour rien, j'ai juste envie de leur répondre que ce n'était pas pour rien, c'était en mémoire de mon père, de cette fierté que je voyais dans tes yeux. Je sais que tu serais fier de moi, j'ai créé mon entreprise et je mène ma vie telle que je l'entends. Je me bats chaque jour pour conserver mon autonomie, je me bats toujours contre cette maladie
Chaque journée est unique avec des hauts et des bas mais tu sais que pour moi, tenir ses promesses est important alors je ne laisserai jamais tomber, je te l'ai promis, je me battrai jusqu'au bout pour vivre ma vie malgré la maladie.
Aujourd'hui, je sais que tu n'y es pour rien. La culpabilité t'a rongé pendant tant d'années mais ça n'a jamais été de ta faute. Je suis née avec ce diabète au corps, une simple erreur d'écriture sur un chromosome, un cafouillage qui n'a rien à voir avec la santé de ta maman. Ma santé à moi, elle vient de cette société de consommation, de tout ce qu'on nous fait avaler comme conservateur, hormones, colorants, etc, depuis 50 ans. Repose en paix, ce n'est pas de ta faute. Je ne t'en veux pas non plus d'être parti comme ça, si vite, sans prévenir. Tu as profité de la vie, tu n'as pas souffert et c'est l'essentiel. J'aurais aimé passer plus de toi avec toi, qu'on puisse se connaître davantage. Je continue mes recherches et je trouverai un homme qui me prendra dans ses bras et me dira que tout va bien se passer, que je peux oublier mon chagrin. Papa, tu me manques toujours autant. Il manque une personne essentielle dans ma vie et je ne pourrais jamais te remplacer. Quoiqu'il arrive, je ne t'oublie pas, tu restes toujours à mes côtés.



Avril 2016

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